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Alcool, Drogues et Travail (4)

UNE POLITIQUE DE PRÉVENTION, POUR QUOI FAIRE ?

Pour travailler sur la prévention plutôt que sur la répression. Il y a de plus en plus de « pots sauvages ». Le fait culturel d’avoir des glacières dans les véhicules fait que les gens boivent à la sortie des établissements. Ce qui n’est pas simple pour les entreprises. Agir en amont et non en période de crise afin éviter l’exclusion du collectif de travail de ces salariés qui posent problème. Il y a une ignorance juridique de tous les acteurs (direction, managers, collègues de travail). Il faut mettre en place des responsabilités partagées face au problème car tous les niveaux hiérarchiques sont concernés. Il s’agit donc une approche globale.

Lever l’omerta est le seul vrai résultat mesurable. Il ne faut pas croire que ce sera une victoire rapide la fleur au fusil. Ce sera long car il y a de la résistance culturelle. Aller trop vite bloquera la machine.

Libérer la parole enlève la peur. Cela pose le cadre et facilite la parole qui permet le réajustement.

Cela consiste à obtenir une Adhésion totale de tous les acteurs de l’entreprise (direction, managers, IRP, médecin du travail, responsable Hygiène et sécurité, assistante sociale lorsqu’il y en a une ou faisant fonction). On ne «gadgétise pas» en cochant une croix de plus dans le dossier d’évaluation. Tout le monde doit être en phase pour une vraie politique de prévention. Lorsqu’il n’y a que les préventeurs, ça ne marche pas.

Au quotidien, ce sont les managers qui sont impliqués. Pour qu’ils soient impliqués, il faut que la direction soit d’accord en facilitant tout ce qui peut l’être. Il faut former et réfléchir aux règles à mettre en place afin de gérer les dysfonctionnements. Le temps ou le manager était laissé seul et traitait cela, à sa manière, suivant son feeling est révolu.

Ces questions sont passionnelles et émotionnelles. En fait, il faut avoir de la méthode et un cadre. Pour cela, il faut inscrire le risque « addictions » dans le dossier d’évaluation, il faut faire un diagnostic « addictions » dans l’entreprise, avoir des retours d’expérience et procéder par écrit et non oralement.

La « prévention primaire », en amont, permet une prise de conscience et une réflexion sur les risques. Dans le travail au quotidien, la direction doit fixer les objectifs afin que la « Prévention secondaire », se dote d’outils de managements, de cadre et de règles. La « Prévention tertiaire », doit venir en aide à la personne en souffrance avec le concours du médecin du travail.

Entreprise, zéro alcool ?

Prohiber l’alcool entrainera la clandestinité de l’acte de boire et les pots sauvages. Donc interdire l’alcool est la dernière chose à faire. On ne résout pas le problème avec une note de service.

Alcool et pots d’entreprise, un mélange impossible ?

Pour maintenir le lien social, on gère le risque alcool, en faisant boire moins avec plus de plaisir et en faisant le choix d’autres boissons non alcoolisées.

Exemplarité à tout niveau ?

On peut avoir une entreprise « Zéro alcool ». Si l’entreprise et donc la direction est prête à s’y soumettre. Il ne peut y avoir de demi mesure, l’alcool pour la gouvernance et les jus de fruits pour les salariés. On sait que ça ne tient pas !.

Psychotropes et conditions de travail

Il est important de faire le lien entre substances psychotropes et Risques Psychosociaux. Lorsque une personne décompense, elle va compenser avec des produits.

Effet médicament

La plupart de ces produits sont fait pour être anxiolytiques, euphorisants et désinhibiteurs. Ils sont donc considérés comme un médicament pour résister aux conditions de travail.

Poste de travail

Toutes les personnes travaillant sur un même poste de travail n’ont pas les mêmes réactions. Par contre, lors de concentrations d’indicateurs (turn-over, absentéisme accru, dépression) sur un poste de travail, on doit faire le lien avec des RPS et les besoins en produits psychotropes. En cas de lien possible, il est du devoir d’alerter soit le CHSCT, soit directement le chef d’entreprise afin de travailler sur une réorganisation du travail.

Organisation du travail

Il est important de faire un travail d’analyse sur les facteurs favorisant l’accès aux produits mais surtout les facteurs favorisant les besoins aux produits. Il y a souvent des difficultés connues ou des éléments d’organisation du travail qui favorisent ces besoins.

Tag(s) : #santé, #sécurité, #travail, #alcool, #drogues, #psychotropes, #tabac, #médicaments

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