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Alcool, Drogues et Travail (1)

DE QUOI PARLE T-ON ?

Quelques données, quelques définitions (source INRS)

Le mot addiction vient de Ad-dictus (la conduite est dictée). L’alcool est la 1ère substance psychoactive consommée. 36% des adultes reconnaissent avoir connu un épisode de « binge drinking » (ivresse, défonce) au cours de l’année écoulée. L’alcool est au 3ème rang des préoccupations des chefs d’entreprise après les Accidents du Travail et les Risques Professionnels. L’alcool, le cannabis et les médicaments psychotropes sont à l’origine de 15 à 20% des accidents professionnels. 10% des consommateurs de substances psychoactives, occupent des postes à risques.

L’addiction est synonyme de dépendance. Nous ne sommes pas tous égaux devant l’addiction. Toutes les personnes ne maitrisent pas de la même manière leur consommation.

Les addictions sont liées à un dérèglement de différents types de neuromédiateurs, substances qui circulent entre les neurones. Dans le cas des substances psychoactives, il s’agit de la dopamine qui est la molécule de la récompense. En temps normal, elle est étroitement liée aux fonctions vitales de l’espèce (manger, boire, se reproduire).

Pour le cannabis, son principe actif, le THC (tétraHydroCannabidol) produit et amplifie cette sensation de plaisir. A force de stimuler cette production, le seuil de récompense est déplacé. Il en faut plus. Pour l’atteindre, les fonctions vitales ne suffisent plus. Seule la drogue est en mesure de générer « provisoirement » une production de dopamine et le seuil augmentant de plus en plus, la personne entre en addiction. Elle ne peut plus s’en passer au point qu’il existe un désir puissant et permanent de continuer une consommation malgré toutes les complications existantes

Substances psychoactives

Il s’agit de substances modifiant le fonctionnement psychique. Cet effet peut être est recherché (cas des médicaments psychotropes et des drogues), soit non recherché (effets secondaires de médicaments non psychotropes ou exposition professionnelle à un solvant par exemple).

La Cocaïne, l’Ectasy (famille des amphétamines), la caféine, la nicotine, sont des excitants. L’Héroïne provoque plutôt un phénomène d’endormissement. Le cannabis a un effet relaxant et euphorisant et il occulte la mémoire à court terme….cela veut dire que le consommateur oublie et n’enregistre pas ce qui vient d’être fait.

Alcool-haschisch : le couple tueur

Associées, ces deux molécules vont utiliser un certain nombre de réseaux communs en modifiant le psychisme. L’alcool est un produit excitateur et dépressogène pour le cerveau. Le haschisch est globalement dépressogène et possède un fort caractère psychodysleptique (capacité à modifier les perceptions, les sensations et les idées jusqu’aux limites de l’hallucination). Ce dont l’alcool est dépourvu. Le sujet va avoir le panel de l’ensemble des émotions. La complémentarité des deux produits est telle qu’il est très difficile de tenter de sortir de la dépendance en les séparant de l’un ou de l’autre.

Accident de la route (source INRS) X8 avec l’alcool ; X4 avec le cannabis ; X16 avec le mélange alcool/cannabis

Pratique addictive

C’est l’ensemble des pratiques de consommation d’une substance psychoactive

Trois modes sont distingués. L’usage simple (consommation occasionnelle ou régulière qui n’entraine pas de problèmes de santé ou d’autres dommages à court terme, sans préjugé du moyen et long terme). L’usage nocif ou abus qui est responsable de complication sur le plan de la santé (dépression, cirrhose, cancer…), de la vie privée (séparation, violence, problèmes financiers…) et/ou du travail (absentéisme, accident du travail…). Ce mode est pathologique.

La dépendance (addiction), le sujet se désinvestit de tout (famille, travail, social). Lors de l’arrêt, un syndrome de sevrage peut survenir et des pertes de contrôle peuvent exister.

Les produits psycho actifs ne conduisent pas tous au même niveau de toxicomanie. 90% pour le cannabis, 20 % pour la cocaïne, 30 % pour le tabac. Le seul moment de plaisir est centré sur la prise de drogue, la personne se détache de plus en plus de son environnement et c’est le cercle infernal.

Il est prouvé que certains facteurs comme le stress rend plus vulnérable aux addictions.

Peur de l’inactivité, qui met face aux angoisses. Travail hyper-sollicitant, contextes organisationnels visant à l’excellence à tout prix, objectifs démesurés, précarité professionnelle. Le Stressé, le surmené, l’épuisé professionnel en viendront à la consommation de produits psychoactifs. La boucle est bouclée !

Addictions sans substance psychoactive ?

Il est prouvé aussi que certains comportements peuvent entrainer une dépendance. En milieu de travail, il y a la dépendance au travail (le workaholisme) et la technodépendance (internet, courriels, téléphone portable).

Le problème de la reconnaissance de cette maladie par la médecine du travail

Si vous êtes en maladie professionnelle, c’est que vous avez été reconnu malade à cause de votre travail. Quelque chose vous a rendu malade dans le cadre de votre activité. Hors, c’est bien connu, ce ne peut être l’alcool, le cannabis, le tabac ou les médicaments psychotropes puisque l’entreprise n’utilise pas ces produits. CQFD !

Le fait que la dépendance à un produit psychoactif ne conduise pas à une maladie professionnelle fait que le salarié n’est pas plus protégé que s’il a un rhume ou une grippe. D’ailleurs, c’est la même chose pour le stress, la dépression et le burn out. Vous ne trouverez pas ces maladies inscrites aux tableaux des maladies professionnelles.

C’est bien connu, l’entreprise ne rend pas malade.

Le malade est effectivement pris en charge par l’assurance maladie, mais au titre de la vie courante et non de la maladie professionnelle avec tout ce que cela comporte (perte de garantie d’emploi, perte de salaire, etc.)

La réglementation en Nouvelle Calédonie

Je vous invite à aller sur le site de la Direction du Travail et de l’Emploi de Nouvelle Calédonie pour avoir toutes les informations. Il faut savoir que la charge de la preuve est inversée par rapport à la métropole. C’est-à-dire que c’est au salarié de prouver qu’il n’ est pas sous l’emprise d’une substance psychoactive.

Le Règlement Intérieur facilite grandement la mise en place de procédures, surtout pour les postes dits à risques.

Nous verrons, plus loin, qu’envisager l’aspect alcool, cannabis et drogues uniquement par l’aspect réglementaire ne résout pas tout.

Tag(s) : #SANTÉ PUBLIQUE, #SANTÉ SÉCURITÉ AU TRAVAIL, #ALCOOL, #DROGUE, #TABAC, #MÉDICAMENT, #PSYCHOTROPE

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